Productions chorégraphiques

© MuMa – Musée d’art moderne André Malraux, Le Havre 2016.


« L’évolution ne tire pas ses nouveautés du néant. Elle travaille sur ce qui existe déjà, soit qu’elle transforme un système ancien pour lui donner une fonction nouvelle, soit qu’elle combine plusieurs systèmes pour en échafauder un autre plus complexe. »  François Jacob


GÊ – un des noms de la déesse de la Terre dans l’Antiquité grecque – est une installation plastique et vivante créée en 2014 qui a été motivée, d’une part, par la question environnementale et, d’autre part, par la problématisation du corps vivant et de la pratique chorégraphique au sein de l’espace d’exposition. GÊ matérialise le fait que l’art ne peut s’absenter des débats sur le développement durable et le climat, épicentres prégnants des préoccupations mondiales contemporaines. L’artiste ne peut s’exempter de sa participation. Il se doit d’être vivant parmi les vivants. Aujourd’hui, 8 ans après sa conception, GÊ porte, dans ses propres forces métaphoriques, les espaces de recentrage de nos efforts : une contemplation à l’échelle 1 de nos possibles actions et leurs conséquences à l’échelle de l’univers.

C’est sur un socle en carton de six mètres par cinq mètres que s’active le mouvement du vivant. Surface plane, déserte, écologique, qui offre comme un simultané d’une histoire universelle et macroscopique. Au-delà de ce socle, tour à tour territoire et piédestal manufacturé, la surface s’étend dans l’espace d’exposition et compose un paysage minimaliste. Le visiteur s’y promène en même temps qu’il en peut faire le tour comme mis en orbite le temps d’une circonvolution : Être sur Terre et observer la Terre. S’y déploie une danse matière où le corps tend à se fondre dans l’installation et ses résonnances naturelles : l'humus, le minéral, l'organique. S’y déploie aussi une danse industrialisée pensée et vécue comme activité humaine dans l’espace naturel : l’architecture, la répétition, la puissance de construction. Les cycles, tel celui des saisons, nous ramènent au temps du vivant, à l’infinie transformation des écosystèmes qui dépasse la durée de vie humaine et que l’ère anthropocène met à mal.   

Métaphore invitant à habiter dignement la planète, GÊ habite simplement la salle d’exposition dans une installation consciente de ce que nous vivons comme paradigmes inévitables de ce début de 21e siècle : l’écologie et les nouvelles technologies. De ces deux précipités peut advenir une danse durable, une danse présente à soi et ouverte au monde en coprésence avec un environnement sonore immersif et interactif avec le mouvement du corps, fruit d’une collaboration avec Vincent Raude. 

L’installation se déploie sur une durée de 4 heures – temporalité prise en charge alternativement par Gaël Sesboüé et un danseur invité – durant lesquelles le public est libre d'aller et venir, libre du temps qu'il y accorde et de sa circulation dans l'espace. La scénographie invite naturellement le visiteur à des déplacements circulaires telles des révolutions elliptiques autour d’un épicentre attractif. Lieu de passage ou de méditation, GÊ est un espace réflexif sur nos choix à penser nos écosystèmes personnels et collectifs.

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1. Anthropocène est un néologisme construit à partir du grec ancien ἄνθρωπος (anthropos, « être humain ») et καινός (kainos, « nouveau »), en référence à une nouvelle période de l’histoire de la Terre où l'activité humaine est devenue la contrainte géologique dominante devant toutes les autres forces naturelles qui jusque là avaient prévalu, cette période débute avec la première révolution industrielle.



DISTRIBUTION

Chorégraphie : Gaël Sesboüé
Interprétation :
A la création 2014 ; Elias Girod en alternance avec Gaël Sesboüé
Reprise de création 2022 ; Phynox Noxson en alternance avec Gaël Sesboüé
Dispositif sonore : Vincent Raude
Durée proposée : 4h, à définir avec les lieux d’accueil
Administration de production et diffusion : Aoza - Marion Cachan
Remerciements : Betty Tchomanga


DIFFUSIONS

2016
11 et 12 juin 2016 - MUMA / Musée d'art moderne André Malraux, Le Havre

2015
7 février 2015 - Mac Orlan, Brest. Festival Désordre

2014
du 6 au 18 octobre 2014 Centre d’art contemporain Passerelle, Brest
12 septembre 2014 La Voilerie danse, Son ‘Icone Danse, Arzon
12 juillet 2014 Sidney Cooper Gallery, Canterbury dans le cadre du Kent dancing festival / South East Dance en partenariat avec Spectacle vivant en Bretagne

2022
17 et 18 septembre 2022 - Journées du Patrimoine, Musée des Beaux-arts de Brest


MENTIONS

Production LOLA GATT
Coproduction Le Phare CCN du Havre Haute-Normandie en partenariat avec South East Dance et Spectacle vivant en Bretagne et avec le soutien de DanSCe Dialogue 2, dispositif du programme européen de coopération transfrontalière Interreg IV A France (Manche) – Angleterre, cofinancé par le FEDER. Avec l’aide à la production de la Voilerie danse, Arzon.

Résidences / Accueils studio : Le Phare, Centre Chorégraphique National du Havre Haute-Normandie). South East Dance / Hextable, Kent (GB). Centre d'art contemporain Passerelle,Brest. Le Quartz, scène nationale de Brest. La voilerie danse, Arzon.
Avec le soutien du Ministère de la culture DRAC de Bretagne, de la région Bretagne, du conseil général du Finistère et de la Ville de Brest.

Reprise de création 2022 : avec le soutien de la Ville de Brest.

L'association Lola Gatt est soutenue par la Région Bretagne.

Installation vivante, écologique et anthropocène (1) pour l’espace muséal et la salle d’exposition.

Gaël Sesboüé

/ reprise de création 2022